Monique Savoie, la papesse du numérique québécois (via Radio-Canada)


11 Dec 2017


« [L’hiver dernier], j’étais à Paris, raconte cette pionnière mondiale des arts numériques. Je suis entrée dans une salle de spectacles et, en ouvrant la porte, j’ai eu mon épiphanie, parce que les 400 personnes qui étaient dans la salle m’ont sauté dessus! Et je ne m’étais pas rendu compte qu’en 21 ans de programmes de création et de résidences internationales, autant d’artistes de la scène numérique française étaient venus à la SAT. »

Derrière ses lunettes blanc et noir un peu excentriques, le regard de Monique Savoie s’évade. Quand on l’écoute raconter ses souvenirs, on en vient à se demander si elle a même pu dormir plus de quelques heures par nuit dans les 20 dernières années, tellement elle est occupée.

Autour d’elle s’active une partie des 260 salariés de la SAT, l’entreprise à but non lucratif qu’elle a fondée en 1996. La grande aire de travail ouverte à l’allure industrielle fourmille d’activités à la veille d’un énième événement. Mais Monique Savoie ne semble pas du tout déconcentrée par le va-et-vient de ses employés.


L’EXPO 67 DU NUMÉRIQUE


Il faut dire qu’elle n’en est pas à un événement d’envergure près. L’aventure de la SAT elle-même a débuté avec un autre rassemblement qu’elle a organisé : le symposium ISEA 1995. Celui-ci est au numérique montréalais ce qu’Expo 67 a été à la société québécoise, précise-t-elle.

« C’était énorme, et je pense qu’on en a mal mesuré l’impact et même peut-être manqué un certain momentum, à l’époque, regrette-t-elle. En 1995, on a reçu ici les 1200 chefs de file mondiaux dans le domaine du numérique. Pour tous les gens qu’on rencontre, encore aujourd’hui, ça demeure une date marquante, une date du début de ce mouvement de la culture numérique. »

Le contexte de l’époque a toutefois fait en sorte que ce grand soulèvement n’a pas eu beaucoup de répercussions en dehors du milieu encore naissant des arts numériques.

« On a essayé de donner nos 1200 nouveaux amis à d’autres qui allaient bien s’en occuper, mais on n’a pas trouvé, explique Monique Savoie. Donc le vrai défi, c’était de créer un ancrage local. Ça a vraiment été un défi, parce que tout le monde nous disait : “Oui, mais madame... C’est une mode [le numérique], ça va passer.” »

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