Cernunnos - Rencontre avec Sean Caruso




Le jeune artiste à l'origine de l'oeuvre Cernunnos, présentée jusqu'au 3 mars sous le dôme dans le cadre du SAT Fest 2017, nous parle de l'histoire qui se cache derrière le processus créatif de cette récente réalisation mais aussi sur ce qui l'a réellement inspiré...

Sean Caruso a fait ses premiers pas dans le monde des arts numériques relativement tard. Tout a commencé pour lui par la production de musique drum'n'bass et l'impression de vinyles. Vers la vingtaine, la musique expérimentale l'inspire davantage. En 2012, c'est un mapping vidéo par Laszlo Bordos (artiste hongrois) qui lui a donné un nouveau "déclic" artistique. « J'ai tout de suite su que c'était ça que je voulais faire. Associer ma musique expérimentale à l'art visuel numérique. Laszlo est un maître en la matière et il m'inspire encore ».

SE DONNER LES MOYENS POUR RÉUSSIR

Son rêve deviendra réalité deux ans plus tard. Alors, en déplacement à Genève (Suisse) pour le Mapping Festival, Sean Caruso y contactera Laszlo. Ce dernier lui avait laissé un commentaire sur l'une de ses vidéos publiées sur les réseaux sociaux. « C'était surréaliste. Mon idole qui me complimentait sur mon travail! Étant à Genève, je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de le rencontrer. » Quelques courriels plus tard, c'est en Hongrie que les deux comparses se rencontrent. Un moment déterminant pour sa carrière.

LA NAISSANCE DE CERNUNNOS

Le destin le ramènera une nouvelle fois en Hongrie en janvier 2016. Sean habite alors une petite maison de village recluse dans la campagne. Ses idées artistiques se bousculent, mais l'internet manque à l'appel et son matériel informatique n'est pas assez puissant pour donner vie au nouveau projet qu'il a en tête. C'est donc à distance, avec son ordinateur situé à Sherbrooke, qu'il créera en grande partie Cernunnos. « C'était fou car il n'y avait qu'une seule borne wifi située dans l'unique café du village. Je n'avais pas le choix d'aller là-bas pour transférer mes données au Québec et entamer le montage vidéo via réseau . C'était long et le deadline se rapprochait rapidement ».

Une limitation technique qui l'a toutefois mené à pousser la réflexion concernant la création artistique immersive : « Il faut vraiment passer à autre chose et ajouter davantage de narration » s'était-il dit. « Une œuvre, quelle qu'elle soit, a une histoire, une âme. Ce qui contribue à sa magie c'est de pouvoir la raconter aux spectateurs. » Et c'est ce qu'il fit!

L'HISTOIRE DE CERNUNNOS

Sean s’intéresse de près à tout ce qui touche la conspiration et les esprits noirs. Le Grand collisionneur de hadrons du CERN en est l’exemple parfait (immense tunnel, long de 27km, traversant la Suisse et la France). « Des scientifiques font beaucoup d'expériences bizarres à l'intérieur », avant d'ajouter : « les ingénieurs se mettent en scène dans des courts-métrages dont les rituels sont occultes, diaboliques voire sataniques. La statue de Shiva (déesse de la destruction) trône à l'entrée du domaine. C'est flippant! ». Cernunnos n'est lui qu'un mythe. Il ne sert que de contre-pied afin de montrer à quel point ce lieu a de quoi faire peur. Sean en profite donc pour faire entrer le spectateur au cœur de cette bête obscure...

Ce projet, d'abord conçu pour le Fulldome festival en Allemagne, recevra le prix Best JANUS First Year Students’ Award. La même année, Cernunnos est sélectionné pour le Fulldome UK 2016. À l'image de son mentor, Sean accumule aujourd'hui les prix à travers le monde et se retrouve maintenant au sein du même programme, dans la sélection du SAT Fest 2017!


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Article par Yohann Goyat
Photos par Sébastien Roy