Festival Toy Company : Rencontre avec XC3N & Pocaillle




Pour les néophytes, le terme “Chiptune” peut paraître occulte. Étymologiquement parlant, on croirait voir l’hybride entre “computer chip” et “tuning”, le sport automobile de performance... À bien y penser, on n'est pas si loin de la réalité, à l'exception que les voitures sont ici remplacées par des consoles de jeu vidéo et les prouesses sont audiovisuelles plutôt que mécaniques. La "Chiptune" est en fait une culture gravitant autour des sonorités et visuels rétro des premières consoles de jeu telles Atari et Game Boy. Leurs cartes de son et graphique sont de vraies mines d’or pour ceux qui connaissent les passages secrets électroniques permettant de déverrouiller leur potentiel artistique.

Profondément ancré dans cette culture depuis 2008, le collectif Toy Company sera de passage les 9 et 10 août à la SAT dans le cadre d’un festival de musique Chiptune et d’indy gaming comprenant des prestations musicales live, du VJing et bien sûr une part de nostalgie...

On a rencontré XC3N (Françis Yoan Rodrig) et Pocaille (Jérôme LeBel) pour tâter le pouls du mouvement et prendre des nouvelles du label indépendant montréalais en vue du festival.

Photo : Sébastien Roy

Q : Votre dernier événement à la SAT date de 2009, qu’est-ce que le collectif a réalisé depuis?

R : Disons qu’on s’est promené un peu. On a essayé différentes formules avec différentes salles de spectacle pour finalement trouver notre quartier général au “Foonzo” qui est un bar de jeu vidéo. C’est au centre-ville près du métro Peel, rue Drummond au coin de Ste-Catherine.


Q : C'est certain qu'un bar de jeux vidéo est le lieu parfait pour accueillir vos évènements. Du coup vous évoluez forcément en parallèle avec l'univers des jeux?

R : Il y a toujours un lien avec les jeux vidéo et Toy Company. On a aussi souvent collaboré avec la “Mont-Royal gaming society” (qui va être là d’ailleurs pour la prochaine édition du festival), qui nous propose des stations de jeux indépendants (de Montréal et d'ailleurs) qu'on intègre à nos événements.


Q : En ce qui concerne votre public, comment a-t-il évolué depuis 2009?

R : Je dirais que ça s’est solidifié dans le sens qu’on a un “core” qui est présent, des fidèles qui viennent à chacun de nos évènements. Certains sont partis, d’autres sont arrivés, le public a ses dynamiques, mais le renouvellement est toujours bien là!


Q : Ça semble assez spécifique de créer de la musique avec les outils que vous utilisez (consoles et gadgets électro en tous genres). Comment gérez-vous les contraintes sonores de ces "instruments" hors-normes?

R : Il y a plusieurs aspects à ça, ce sont d'abord des restrictions qui stimulent la créativité et qui te forcent un peu à t’enligner, les limitations vont définir le son aussi. Les consoles servent de synthétiseur dans le fond et peuvent être utilisées pour plusieurs styles. C’est comme si tu dis: “On fait un show et le focus c’est la guitare”, l'un va jouer du heavy metal et l’autre va jouer du blues pourtant ils jouent tous de la guitare, idem avec les consoles et le Chiptune. Tu penses à ce que tu veux faire, et après tu le “downgrade” dans ce que tu peux vraiment réaliser avec ces instruments.

Photo : Juan Saez

Q : Le développement de vos événements vous a poussé à revenir à la SAT avec une formule festival cette année ?

R : On a commencé à faire nos évènements au Zoobizare dans le temps et je me disais: “Heille on fait la SAT, on fait la SAT”! C’était un rêve de venir jouer ici tu sais. Maintenant que ça s’est concrétisé, on veut revenir une fois par année pour monter quelque chose de plus gros.


Q : Comment avez-vous choisi les artistes du festival et qui faudra-t-il surveiller?

R : On est allé chercher des artistes qui sont intéressants en performance live, qui sont aussi des amis chez qui on “dort sur le sofa” quand on est à l’étranger. On a choisi des headliners comme Nullsleep qui est un véritable pionnier de la scène, mais il y a aussi Trash80, Doomcloud et Dj Cutman. C’est une occasion pour nous d’échanger avec eux, de voir comment ils fonctionnent et créent leur musique.

Photo : Alyssa De Stefano

Q : Avec cette sélection d'artistes, j'imagine que l'aspect visuel sera tout aussi soigné. Pouvez-vous nous donner une idée de ce qui nous attend de ce côté?

R : Pour ma part (Jérôme), je crée des scènes directement à partir du graphisme des jeux vidéo, mais d’autres se servent d’ordinateurs et “génèrent” leurs visuels comme des formes abstraites qu’ils vont ensuite manipuler en temps réel. Certains vont davantage aller vers le "pixel-art" qu’ils animent ou iront jusqu'à coder leurs propres logiciels sur les consoles pour y mixer les input vidéo avec glitch pour donner différents rendus.


Q : Dans un futur idyllique pour Toy Company, qu’est-ce que vous aimeriez réaliser après le festival de cette année?

R : Refaire une nouvelle édition l’année prochaine avec le meilleur de la scène Chiptune à travers le monde!


La SAT accueillera cet univers ludique, abrasif et riche en nostalgie les 9 et 10 août prochain.

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