Rencontre avec les créateurs d'IMMERSIO



IMMERSIO TEASER


Le mois dernier, le Symposium IX a porté la créativité numérique à un cran supérieur. À l’unanimité, la palme revient à l’équipe franco-belge d’IMMERSIO en ce qui concerne le volet VR. L’expérience générative unique en son genre a de loin surpris la plupart des participants, mais aussi les autres artistes présents. C’est en toute humilité que Yann Deval et Boris Wilmot reviennent sur la création de l’oeuvre.

« IMMERSIO, c’est une équipe de six artistes. Nous sommes tous spécialisés en motion graphic design. C’est un projet qui a débuté il y’a quatre ans et qui est en perpétuelle évolution » lance Boris. « Le but est avant tout de vivre une expérience à fond, pas juste à travers un écran d’ordinateur » ajoute Yann.

DE GOOGLE STREET VIEW AU VR

L’idée a jailli quand les six membres du collectif REANIMATION ont travaillé sur un projet pour lequel ils ont utilisé le logiciel Google Street View. « De là, nous avons entendu parler de la réalité virtuelle. Le projet était alors de conceptualiser quelque chose d’immersif, mais d'interactif également ». IMMERSIO est un voyage initiatique, une idée de première fois. Une expérience interactive qui vous plonge dans un rêve éveillé qui, selon les mouvements, change d’une personne à l’autre.

CHOISIR SA DESTINÉE

À chaque passage dans le cube noir (3m x 3m), seulement cinq pour cent de la base de donnée est utilisée. « Imaginez donc les possibilités multiples qui s’offrent à l’utilisateur de choisir sa destinée. Il ne vivra en aucun cas la même expérience que vous et encore moins que du prochain », explique Boris. L’immersion est totale puisque vous ne trouverez ni texte ni narration et personnage. Les créateurs ont laissé place à l’interactivité, aux mouvements et aux processus génératifs et aléatoires afin de faire travailler l’imagination. Et ça marche !


« SE PERDRE DANS LE TEMPS…

Lunettes vissées et casque sur les oreilles, il suffit alors de se laisser bercer par une douce mélodie. Observer les paysages autour qui nous sont familiers avant de tomber dans l’abstrait le plus total. « C’est pour cela qu’IMMERSIO évolue constamment. À chaque ville dans laquelle nous nous arrêtons, nous faisons des capsules vidéo ». « L’utilisateur a alors un point de repère dans le temps avant de s’y perdre totalement », ajoute Yann.

… ET VOLER COMME UN OISEAU »

Car oui, c’est un peu comme Alice aux pays des merveilles. On se laisse vite prendre par le temps, et l’on tombe rapidement dans l’univers du fantastique. Nos idées fusent et d’un hochement de tête on se retrouve dans un long tunnel sans fin. La tête dans l’herbe, on flirte avec les insectes et la nature. C’est magique et féérique à la fois d’autant plus quand on survole Paris et Montréal de nuit en battant des ailes à l’instar d’un pélican.

Le voyage touche à sa fin. Les grands rideaux noirs qui nous entourent sont tintés de points lumineux qui reproduisent nos moindres faits et gestes. La mélodie de fin se fait entendre et voir. Yann déambule autour et joue de la clarinette à nos côtés. De laquelle s’échappent des notes illuminées elles aussi. « Ai-je rêvé ? la personne était-elle bien physique? » s’étonne une utilisatrice. Là est toute la magie du rêve éveillé. À la frontière entre entre l’imaginaire et le réel, IMMERSIO fascine autant qu’il intrigue. C’est comme mettre des mots sur un rêve, là est toute la difficulté. Il vaut mieux vivre IMMERSIO que l’imaginer.


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Article par Yohann Goyat