Bibliolab


À PROPOS


BIBLIOLAB

CONNEXION EN RÉSEAU DES BIBLIOTHÈQUES
[TÉLÉPRÉSENCE ET IMMERSION]

« Être présent, ailleurs. » Bibliolab est un projet qui vise à connecter les bibliothèques de la ville de Montréal pour favoriser les rencontres et interactions entre les citoyens. L’implantation d’un dispositif immersif de téléprésence* permet aux usagers distants de partager simultanément des expériences culturelles, pédagogiques, et collaboratives. Des technologies simples d’utilisation, qui ouvrent les portes de l’imagination, et approfondissent la connexion humaine.

Dans le cadre de ce projet, la SAT travaille conjointement avec les bibliothèques Frontenac et Père-Ambroise, situées dans l’arrondissement de Ville­-Marie. Ce partenariat permet de valoriser les technologies de téléprésence (Scenic) développées au sein du Métalab de la SAT, au profit de la société. Il s’inscrit par ailleurs dans la vision des bibliothèques du 21ème siècle, ayant pour but d'améliorer les services aux citoyens grâce aux nouvelles technologies.

Lorsque deux lieux sont connectés avec Bibliolab, l’espace d’un lieu se prolonge dans l’autre. Les groupes distants se voient et se parlent comme s’ils étaient dans le même espace, pour interagir et collaborer malgré la distance. Cela permet d’organiser une heure du conte rassemblant des enfants de deux quartiers différents, où deux bibliothécaires peuvent raconter une histoire, poser des questions et projeter des images du livre en grand format au bénéfice de tous. De la même manière, il est possible de partager de la musique, des formations, et même de jouer ensemble.

Le projet est mené selon une approche ouverte et collaborative qui implique les usagers et partenaires lors d’ateliers créatifs et de séances d’expérimentations, afin de guider le projet tout au long de son développement.

*La téléprésence permet à l’usager de franchir la distance et d’être « présent ailleurs », grâce à des technologies qui donnent l’impression de partager simultanément une expérience qui a lieu dans deux lieux distants à la fois.

HISTORIQUE

Bibliolab a commencé en 2016 dans une volonté d’apporter les technologies de connexion à distance au sein des bibliothèques pour mettre en valeur et démultiplier ces réseaux de partage et de connaissance. La première année du projet (2016-2017) a été exploratoire et expérimentale pour tester et évaluer de multiples scénarios d’interaction, de matériel multimédia et de configurations spatiales afin de fixer une scénographie optimale.

La deuxième année (2018) a permis d’automatiser les périphériques et de développer une application web pour allumer et contrôler le dispositif simplement. Cette deuxième année se clôture par une présentation au grand public dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques du Québec. Deux dispositifs Bibliolab seront installés dans les bibliothèques Frontenac et Père-Ambroise du 20 au 27 octobre 2018, et les partenaires du projet offriront un programme d’activités varié.

Pour en savoir plus sur le développement du projet, rendez-vous dans la section Journal de bord .

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PARTENAIRES


*Le projet bénéficie d’une aide financière gouvernementale provenant du Secrétariat à la région métropolitaine du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire par l’entremise du Fonds d’initiative et de rayonnement de la métropole. Il bénéficie également d'une aide financière de la Caisse de la Culture Desjardins et de la ville de Montréal.

En partenariat avec Ablblalab, Bibliothèques et Archives nationales du Québec (BAnQ), la Bibliothèque Frontenac, la Bibliothèque Père-Ambroise, la Bibliothèque St-Sulpice, Campus SAT et Violon de Jos.

JOURNAL DE BORD



Année 1

La première année de Bibliolab se développe au fil de trois itérations, chacune articulée autour de trois types d’activités:

  • Un atelier créatif où le personnel de bibliothèque et des citoyens sont réunis pour partager leur expérience et faire part de leurs intentions communes à l’équipe de développement de projet ;
  • Une phase de développement : Suite à cet atelier, l’équipe de développement composée de designers, de programmeurs, et d’intégrateurs technologiques, conçoit et met en oeuvre une expérience ;
  • Des tests : Cette expérience est ensuite testée lors de séances d’expérimentation avec les usagers impliqués dans le projet (personnel de bibliothèque et citoyens).

Itération 1 - Conception & prototypage 

Atelier 1: Exploration des usages (février 2016)

Comment les bibliothèques peuvent-elles profiter au mieux de la combinaison téléprésence + immersion explorée avec la SAT? Pour réfléchir à cette grosse question de Bibliolab, le premier atelier a rassemblé 12 participants (8 personnes travaillant dans des bibliothèques montréalaises et 4 citoyens).

Après une présentation du projet et des idées de technologies à mobiliser, les participants ont imaginé plusieurs usages possibles. Bibliolab pourrait par exemple permettre des animations connectées et enrichies par des décors immersifs (comme une heure du conte, une conférence, etc.), ou bien des activités de participation citoyenne, ou encore des formations pratiques (comme du bricolage ou du tricot).

Chaque bibliothèque serait transformée en un point d’entrée dans le réseau de plusieurs bibliothèques québécoises. Grâce à Bibliolab, les bibliothèques pourraient ainsi augmenter leur fréquentation mais aussi faciliter l’accessibilité à certaines de leurs activités notamment pour les personnes à mobilité réduite.

Tests 1: Interactions individu-individu et individu-groupe (mars 2016)

Pour les premiers tests, nous avons décidé de nous concentrer sur les interactions entre deux individus à distance et d’un individu à un groupe à distance. Nous nous pencherons sur les interactions de groupe à groupe lors de la deuxième itération.

Avec ces premières expérimentations, nous voulons surtout tester les 2 aspects principaux du dispositif:

  • Le matériel technologique : comment disposer les caméras, écrans, micros, haut-parleurs nécessaires à la captation vidéo et audio sans trop encombrer l’espace et dévier l’attention?
  • Les usages pressentis : est-que des expériences d’heure du conte, de conférence ou encore de formation individuelle au tricot fonctionnent bien dans cette configuration à distance et en immersion?

Le défi principal s’est révélé être le sentiment de présence à distance : pour que les individus à distance aient bel et bien l’impression d’être en présence les uns des autres, l’image et le son doivent être de la meilleure qualité possible. L’image de la personne à distance doit aussi être le plus possible à taille humaine et favoriser un contact visuel qui permette de se voir les yeux dans les yeux même à distance.

Le contenu visuel immersif dans lequel les participants étaient plongés a été bien apprécié, les animateurs ou formateurs ont d’ailleurs partagé leur frustration de ne pas avoir été plongés dans la même immersion! Nous retenons donc que la symétrie de l’expérience est importante: chaque espace à distance devrait être baigné dans les mêmes images immersives pour que tous puissent en profiter pleinement.

1er test d'individu à individu: une animatrice de bibliothèque présente des documents à un citoyen.

2ème test d'individu à individu: une artiste forme une citoyenne au tricot.

1er test d'un individu à un groupe: un conférencier présente un projet immersif à un groupe de 6 citoyens.

2ème test d'un individu à un groupe: une conteuse raconte l'histoire de Attatruc 1er à une classe de dix enfants.

ITERATION 2 - RAFFINEMENT ET PROTOTYPAGE

Atelier 2, avril 2016: Scénarios d'usages à fort potentiel

Suite aux tests du mois de mars, nous avons souhaité explorer plus en détails comment utiliser au mieux la téléprésence (le fait d’être connectés entre espaces à distance) et l’immersion (être plongés dans des images à 360° sur les murs autour de nous). Avec sept personnes qui avaient déjà participé au premier atelier et à un des tests du mois de mars, les idées fusent. La téléprésence est une expérience à apprivoiser: il faudra prévoir des scénario qui facilitent les interactions entre espaces à distance.

L’immersion quant à elle est attirante, elle aide à se plonger dans une ambiance, à entourer le public d’un contenu qui peut enrichir l’activité. Le défi va être de réaliser un savant mélange entre téléprésence et immersion pour trouver l'équilibre qui permettra des interactions de qualité dans un environnement immersif enrichissant sans être trop envahissant ou perturbant. Tout cela en prévoyant une utilisation la plus simple possible du dispositif pour que les bibliothèques puissent utiliser Bibliolab en toute facilité. De belles pistes de développement pour cette deuxième itération...

Tests 2, juin 2016: Interactions groupe-groupe
 

Après le deuxième atelier, l’équipe de la SAT a créé un prototype de ce qui permettra de suspendre au plafond les six projecteurs nécessaires à la projection du contenu immersif. On lui donne le petit nom de “couronne de projecteurs”. Ils projetteront autant le contenu immersif sur les murs que l’image du groupe (ou du présentateur) à distance sur l’écran. D’ailleurs pour les écrans, nous avons opté pour une version “allégée” technologiquement étant donné que les bibliothèques devront manipuler très facilement le matériel: ce ne seront pas des écrans télévisés mais des “paravents”, de grands tableaux blancs faits sur mesure pour que les personnes qui apparaissent dessus aient une taille humaine réelle.

Cette deuxième vague d’expérimentations nous permet donc de tester ces supports. En même temps, c’est le moment de tester comment interagir entre deux groupes -- avec tous les enjeux de son que les interactions collectives impliquent. Comme la technologie devra à terme être la plus discrète possible, nous voulons trouver une façon de relever le défi technique du son sans que ceux qui prennent la parole n’aient à porter de micro. Ces expérimentations valident que le défi est grand! Au fil d’un jeu de devinettes, nous réalisons également que ce n’est pas si facile d’interagir entre espaces à distance naturellement, un chef d’orchestre serait bienvenu.

Une discussion entre deux groupes de 4 participants:

Un jeu de devinettes entre deux groupes de 5 participants:

ITERATION 3 - MISE EN CONTEXTE REEL

Atelier 3, juillet 2016: Scénographie

Pour concevoir et prototyper la meilleure expérience de Bibliolab, il est temps d’explorer davantage la question de la scénographie. Avec sept participants qui avaient participé aux expérimentations précédentes, cet atelier du mois de juillet a permis de tester différentes configurations de l’espace, de jouer avec trois formats de paravents de projection, et d’évaluer plusieurs types de contenus immersifs.

Pour que l’expérience de téléprésence soit complète, il ne faut pas seulement que chaque public voie l’animateur même s’il n’est présent que dans un seul des deux espaces. Les deux publics eux-mêmes gagnent à être en présence l’un de l’autre. Mais comment disposer les publics? Côte-à-côte, face-à-face, “superposés” comme dans un théâtre à l’italienne? Nous testons plusieurs options pour trouver où placer le paravent qui montre le public en téléprésence. Chaque configuration a ses avantages et ses inconvénients, ou plutôt chaque configuration correspond davantage à un usage qu’à un autre. Par exemple, lors d’une conférence où le public est plus à l’écoute qu’en interaction, la meilleure configuration est celle où les publics sont côte-à-côte ou bien superposés “à l’italienne” pour que l’animatrice puisse voir l’ensemble de son public -- celui présent physiquement et celui à distance sur le paravent. En revanche, quand vient le moment de discuter, c’est plus intéressant de positionner les deux publics face-à-face pour que le dialogue soit plus naturel.

Ce que l’on retient surtout, c’est qu’il n’y aura pas seulement un type d’expérience Bibliolab. Autant la configuration de l’espace que le contenu immersif dépendront du genre d’activité proposé. La flexibilité du dispositif est donc essentielle: position des paravents, position des caméras, installation des publics et de l’animatrice/teur, tout doit pouvoir bouger!

Tests 3 - février 2017: In situ, la Bibliothèque Frontenac et la SAT en téléprésence

Le moment des tests en bibliothèque est enfin arrivé! Pour l’occasion, c’est la Bibliothèque Frontenac qui se prête au jeu. Elle va être connectée à une salle de la SAT où chaque animatrice présentera son activité (d'abord une conférence, puis une lecture publique et enfin une heure du conte). Le public de la Bibliothèque Frontenac pourra y assister en simultané dans une salle dédiée à Bibliolab: le contenu immersif apparaîtra sur tous les murs et l’animatrice ainsi que le public à la SAT apparaîtront sur le paravent de projection.

Ces expérimentations commencent avec un peu de retard par rapport à ce qui était prévu initialement: le développement technologique prend un peu plus de temps, la bibliothèque Frontenac fait peau neuve avec de nouveaux tapis qui nous aideront à avoir une bonne acoustique, des aléas de connexion internet nous mettent aussi quelques bâtons dans les roues pour ce moment tant attendu. La série de tests commence finalement en février.

Au programme :

  • Une conférence donnée par Louise Pothier, archéologue au Musée Pointe-à-Callière ;
  • Une lecture publique dans une ambiance d’aurores boréales donnée par Diane Richer de la bibliothèque Père Ambroise ;
  • Une heure du conte vive et participative animée par Christine Thibault-Béland de la bibliothèque Frontenac avec deux classes d’enfants âgés de 9 à 11 ans ;

Ces trois séances ont eu leur lot de petits problèmes techniques, de petites victoires et de certaines déceptions aussi. Par exemple, mis à part pour l’heure du conte où les publics étaient immergés dans des images du Petit Chaperon Rouge à la manière de Minecraft, on a reproché aux deux autres séances de ne pas proposer un contenu suffisamment immersif. En effet, la présentation de Louise Pothier du Musée Pointe-à-Callière ne se distinguait pas assez de la forme habituelle d’une présentation, l’immersion n’ajoutait pas particulièrement de valeur à la façon de présenter le contenu.

Et les aurores boréales pendant la lecture de Diane Richer n’étaient pas assez visibles (la lumière du matin nous a porté plus de préjudice que ce à quoi nous nous attendions!). Par ailleurs, force a été de constater que les interactions à distance n’avaient pas seulement besoin d’une configuration en face-à-face pour émerger de façon naturelle: de la même façon que dans une discussion de groupe, on a besoin de briser la glace et de quelqu’un pour animer la discussion, Bibliolab a besoin d’un chef d’orchestre et de règles du jeu données dès le début. L'heure du conte a pour cela été une réussite: disposés en arc-de-cercle, les enfants pouvaient plus facilement interagir. Et les échanges étaient vifs grâce à la forme que Christine a donnée à l'activité. En effet, elle a interpellé les deux groupes tout au long du conte pour même finir par créer ensemble leur propre version du Petit Chaperon Rouge.

Lors de cette première année de Bibliolab, nous nous sommes concentrés à développer un dispositif qui permette de connecter différentes bibliothèques pour partager une même activité de façon “augmentée” par la téléprésence (des publics peuvent y assister malgré la distance) et l’immersion (ils sont plongés dans l’ambiance de l’activité). Mais l’ensemble de ces tests, et surtout ceux de février en bibliothèque, nous invitent à faire un pas plus loin: concevoir une expérience Bibliolab où la téléprésence et l’immersion transforment des activités habituelles en bibliothèque.

Pour profiter au mieux de cet alliage de technologies, il faut non seulement être guidé pour en faire une belle expérience mais aussi repenser certaines activités. Comment réinventer une lecture publique, une heure du conte, une conférence ou un atelier de formation par la téléprésence et l’immersion qui impliquent des règles du jeu particulières? Plutôt que de s’en tenir à augmenter l’expérience habituelle de ces activités, la poursuite de Bibliolab se fera dans l’optique de créer toutes les clés pour faire vivre ces expériences réinventées par la téléprésence et l’immersion. A suivre…

Année 2

La première phase de la deuxième année du projet Bibliolab, qui avait débuté lors de l’atelier du 11 janvier 2018, s’est terminée en beauté avec 3 séances de tests impliquant des partenaires et des usagers variés pour expérimenter et évaluer les derniers développements du projet. Cette phase dont le thème principal était l’interaction nous a permis d’adresser plusieurs problématiques et de faire des choix stratégiques pour faire avancer le projet. Ainsi nous avons finalisé la scénographie de l’expérience Bibliolab, mis en place 2 espaces connectés à la SAT, validé le choix des périphériques d’interaction et testé différents outils de création et d’édition de contenu interactifs et/ou collaboratifs.

Nous démarrons à présent la deuxième phase du projet qui se déroulera d’avril à juin et dont l’objectif principal est de mettre sur pied des stations Bibliolab utilisables par le personnel de bibliothèque sans assistance technique. Nous allons donc poursuivre les développement dans les 4 axes suivants: le design industriel du dispositif, l’ajout d’une interface d’utilisation, l’automatisation d’un maximum de fonctions, et la rédaction de guides d’utilisation. Notre objectif est de prototyper un produit minimum fonctionnel pour le mois de juin !

Développements principaux

1- Ajustement de la scénographie

Suite aux apprentissages de l’atelier #1, la mise en place du dispositif Bibliolab se finalise avec une disposition en coin tronqué composé de 2 grandes surfaces de projection (10’ de large et 5,5’ de haut) séparées par une surface de projection verticale centrale (3,5’ de large et 5,5’ de haut). Selon la position des caméra et l’organisation des projections, cette disposition accommode différents formats d’activités.

Conférence : les participants font face à un écran de contenu partagé et aux animateurs locaux et distants, de part et d’autre du contenu partagé. Les animateurs peuvent être présents simultanément ou l’un après l’autre. Du point de vue de l’animateur, il y a une continuité entre le groupe local, et le groupe distant affiché sur le côté. Ce mode met l’accent sur un contact visuel animateur-participants.

Dialogue : les participants sont face à face (l’animateur fait partie du groupe), avec la possibilité d’avoir un contenu partagé sur le côté. Ce mode met l’accent sur un contact visuel entre les groupes.

Nous avons installé 2 espaces à la SAT qui nous permettent de prototyper et tester des dispositions et du matériel pour raffiner l’installation au fur et à mesure de notre avancement. Notre objectif est de limiter l’encombrement, ainsi nous intégrons le plus de composantes directement dans l’architecture: projecteurs au plafond, projection sur les murs, haut-parleurs fixés aux murs, etc. Quand il n’est pas en usage, Bibliolab se résume à un coin de mur biseauté!

2- Choix des périphériques d’interaction

Écran de téléprésence / caméra : Dans le cadre d’un partenariat avec le Cégep régional de Lanaudière, nous bénéficions d’une expertise en design industriel pour affiner certains éléments du dispositifs Bibliolab. Notre réflexion sur les écrans de téléprésence s’est ainsi transformée en une intervention minimaliste pour placer la caméra directement devant la surface de projection. L’équipe d’INEDI nous accompagne dans la conception de supports de caméra discrets et facile à manipuler pour ajuster la position de la caméra (angle, hauteur, position au sol) en fonction des usages et des modes de présentation. Un premier prototype a été livré pour les tests usagers de mars afin de valider l’utilisabilité et de formuler des recommandations d’ajustement. Une deuxième version est actuellement en cours de développement.

Micros pour les participants : Nous avons changé de stratégie pour la captation de la parole des participants. Notre intention initiale était de faire une captation ambiante afin de favoriser les comportements naturels en évitant les déplacements des participants vers un micro, ou d’un micro vers les participants. Cependant, la captation ambiante entraînait souvent la création d’échos et de feedbacks, et rendait la gestion de la parole difficile. Nous avons donc exploré la piste des micros ludiques et la compagnie Catchbox a accepté de parrainer Bibliolab en nous envoyant 2 exemplaires.

Le micro Catchbox est intégré dans un cube de mousse ce qui permet de le lancer au participant qui demande la parole. Leur utilisation lors des tests usagers prouve que c’est une solution efficace qui a rencontré un franc succès auprès des usagers, et qui solutionne également certains problèmes techniques.

3- Création de contenu

L’atelier #1 avait mis en évidence que l’interaction Bibliolab reposait sur 2 types d’interaction différents: d’une part avec le contenu et d’autre part avec le groupe distant. Alors que l’interaction avec le groupe distant est la nature même de l’expérience Bibliolab, la création, l’édition et l’interaction avec le contenu peuvent être adressés avec des outils existants. En permettant de brancher un ordinateur portable dans le dispositif Bibliolab, il devient donc possible d’utiliser ces outils. Nous avons testé certains d’entre eux dans le but de pouvoir guider les usagers de Bibliolab dans leur utilisation.

Contenu interactif: Pour l’activité de l’heure du conte, nous avons créé un contenu interactif sur mesure grâce à l’outil Genial.ly. Nous avons numérisé les pages de l’album, sur lesquelles nous avons ajouté des marqueurs contenant des questions ou des informations complémentaires (image, article de référence, carte géographique). Une seule animatrice activait ce contenu à son gré, à partir d’un ordinateur portable branché dans Bibliolab, car Genial.ly ne permet pas une interaction multi-usagers. Les participants ont apprécié la taille des images projetées sur l’écran partagé pendant la lecture et la richesse des informations complémentaires “comme un documentaire”.

Collaboration en temps réel: Pour l’activité de collaboration à distance, l’animateur a utilisé la suite d’outils Google pour faire sa présentation. L’animateur contrôlait le déroulé de sa présentation à partir d’un ordinateur portable branché dans Bibliolab et affiché sur l’écran de contenu partagé. Les participants invités pouvaient se connecter au même document et l’éditer en temps réel à partir de leurs propres ordinateurs portables. Les différentes contributions étaient visibles de tous sur l’écran partagé.

Tests usagers & apprentissages

Pour cette première série de tests usagers (19 & 22 mars 2018), nous avons organisé 3 activités représentatives des 3 types d’usages pressentis pour Bibliolab: la médiation culturelle, la collaboration et la formation. Ces 3 activités ont sollicité des modes de présentation et des publics différents, nous permettant de confronter nos derniers développement à un large panel d’usagers.

Heure du conte à 2 voix avec un groupe du primaire et les bibliothécaires de Frontenac et Père-Ambroise

Travail collaboratif avec des équipes SAT et des invités

Formation DJ/VJ avec un groupe du secondaire et les formateurs de Campus SAT

À l’issue de ces tests, nos apprentissages principaux sont les suivants:

1- Arrivée dans l’installation

Lorsque les participants arrivent dans l’installation Bibliolab et voient l’autre groupe, l’effet est toujours surprenant et suscite de vives réactions. Afin de renforcer cette première rencontre, il est primordial de garantir un contact visuel entre les participants, ce qui n’était pas le cas lors des tests car l’installation était en mode conférence, qui favorise au contraire le contact visuel animateur-participants. Nous proposons donc d’ajouter une configuration spécifique pour débuter les séances, et de soutenir ce moment crucial avec une brève explication du dispositif Bibliolab et de son fonctionnement. Seulement après cette étape les animateurs pourront ajuster l’installation et à débuter leur activité.

2- Bonnes pratiques d’animation

Bien que l’on essaye de favoriser les comportements les plus naturels possibles autant pour les participants que pour les animateurs, il est évident que l’expérience de téléprésence nécessite d’ajuster certaines façons de faire. Nous avons relevé quelques problématiques pour les animateurs et nous proposons de rédiger un guide de bonnes pratiques afin de recenser ces nouvelles modalités d’animation. Voici quelques points:

  • Placement: Étant donné que l’animateur est filmé pour être retransmis au groupe distant, il est important qu’il reste en tout temps dans le champ de la caméra. Cela limite ses déplacements et peut contraindre ses mouvements. Nous proposons de travailler sur la définition d’une zone d’action suffisamment large pour donner de l’aisance et un marquage au sol associé.

  • Interaction avec le contenu: Les animateurs ont souvent le réflexe de pointer un élément sur l’écran de contenu partagé directement avec leur main, mais cela ne fonctionne pas car ils sortent alors du champs de la caméra. Pour se référer au contenu, il faut utiliser un pointeur qui apparaît sur l’écran partagé et est visible des 2 groupes.

  • Interaction avec les participants: Il est essentiel de considérer l’ensemble des participants, locaux et distants et de les impliquer également. Pendant la présentation, certains animateurs relancent le groupe distant afin de s’assurer de leur engagement. Pendant la période de questions certains animateurs alternent pour prendre une question locale et une question à distance. D’autres donnent la parole dans l’ordre des mains levées. Nous proposons de recenser toutes ces stratégies.

  • Interaction entre les animateurs: Le téléprésence rend plus difficile les interactions non verbales et informelles telles que les regards, les gestes de mains, qui permettent de passer la parole, de demander l’activation de la diapositive suivante, d’obtenir une validation, etc.. Afin de garantir la fluidité de l’expérience, il faut donc développer de nouveaux codes et de favoriser les commandes verbales qui sont plus efficaces.

3- Considérations techniques

Nous avons également relevé des éléments nécessitant des ajustements techniques, tels que l’ajout d’éclairage qui permettra d’augmenter la qualité des images, notamment pour l’animateur. Bien que nous ayons nettement amélioré la captation et la qualité du son depuis la démonstration de l’atelier #1, nous relevons le besoin d’automatiser la gestion du son pour équilibrer les prises de parole plus ou moins fortes et à des distances variables du micro sans avoir recours à des manipulations techniques en direct.

La deuxième phase de la deuxième année du projet Bibliolab, qui avait débuté en avril 2018, avait pour objectif de développer des outils permettant aux utilisateurs non-techniciens d’opérer Bibliolab par eux-même. Parallèlement au design industriel de la caméra mobile et de l’écran vertical central, nous avons concentré nos efforts sur la conception d’une application qui guide l’utilisateur dans les étapes d’allumage, d’installation et de connexion avec son partenaire. Afin d’évaluer ces développements, nous avons organisé des tests d’utilisabilité durant lesquels les partenaires du projet ont pu évaluer l’application et nous faire part de leurs commentaires.

Nous démarrerons cet été la troisième et dernière phase pour 2018. L’objectif sera cette fois-ci de raffiner l’application et de construire des stations Bibliolab, qui seront déployées en bibliothèque en octobre lors de la Semaine des bibliothèques publiques. C’est un rendez-vous !

Développements principaux

1- Design industriel

L’équipe INEDI du Cégep régional de Lanaudière nous a accompagné depuis janvier dernier pour concevoir certains éléments du dispositif tels que la caméra mobile et l’écran vertical central. Nous avons élaboré le cahier des charges au fur et à mesure que nous progressions dans le développement du projet et prototypé plusieurs versions de chacun de ces éléments. Nous sommes très heureux de cette collaboration qui nous a permis de développer des prototypes spécialisés d’une grande qualité.

  • Caméra mobile: C’est un accessoire souvent manipulé car son emplacement dépend du mode de présentation choisi. Elle est composée d’un boîtier qui protège la caméra et sécurise les branchements. Ce boîtier pivote par rapport au reste du support pour ajuster l’angle de l’objectif (réglage nécessaire en fonction du mode de présentation choisi). La tige verticale du support se positionne directement contre la surface de projection, et des pieds ajustables permettent de niveler l’ensemble quelle que soit l’inclinaison du plancher. La base pyramidale offre un dégagement pour les plinthes et le passage des câbles. Enfin, elle est ajustable en hauteur pour accommoder des activités en position assise ou debout.

  • Écran vertical central: c’est l’écran central du dispositif qui permet d’afficher le présentateur distant en mode conférence. Cette surface de projection autoportante de 3,5’ de large par 5,5’ de haut a été réalisée en collaboration avec l’entreprise Strong-MDI, qui pourrait devenir un fournisseur de Bibliolab. Un trou central à 60” de hauteur laisse passer l’objectif de la caméra placée en arrière et la toile de projection est micro-perforée afin de laisser passer le son du haut-parleur intégré lui aussi à l’arrière.

La caméra mobile et l’écran vertical central

2- Application Bibliolab

Nous avons conçu et développé une application web pour opérer le dispositif Bibliolab. Cette application, combinée à l’automatisation d’un maximum de fonctions telles que l’allumage/éteignage des périphériques, l’affectation des caméras et la connexion avec le partenaire distant, agit comme une télécommande pour le dispositif. L’application guide l’utilisateur en 3 étapes:

Les 3 pages principales de l’application Bibliolab

  • Choix du mode de présentation et du partenaire: L’utilisateur doit choisir entre le mode “conférence” pour des activités magistrales de type conférence, formation et performance, ou le mode “discussion” pour des activités participatives de type échanges de groupe, remue-méninge ou jeux distribués. Ce choix a une influence sur la mise en place du dispositif (position et affectation des caméras). Ensuite, l’utilisateur choisit le partenaire avec qui il souhaite partager l’activité. À terme, ce choix permettra d’envoyer une invitation au partenaire choisi pour faciliter la connexion.

  • Vérification des périphériques allumés automatiquement: Nous avons pu automatiser l’allumage des périphériques qui sont installés de façon permanente dans l’espace et qui restent branchés dans la station Bibliolab en tout temps (haut-parleurs, projecteurs). L’utilisateur est invité à tester ces périphériques en cliquant sur les boutons associés. Cela déclenche un signal audio ou visuel directement dans le dispositif (un son, une image projetée) qui permet de valider le bon fonctionnement des périphériques. En cas de problème, l’utilisateur peut chercher de l’aide dans la FAQ.

  • Finalisation de l’installation manuellement: L’utilisateur doit compléter l’installation lui-même en suivant les instructions directement sur les écrans du dispositif. Il doit ainsi placer la caméra mobile, allumer les micros (animateur et public), placer les chaises des participants et brancher son ordinateur s’il souhaite partager du contenu audio-visuel. Un complément d’information pour chaque élément est disponible dans l’application. En cas de problème, il est également possible de consulter la FAQ.

Visuels affichés sur les écrans du dispositifs pour guider l’installation manuelle

Les testeuses suivent les instructions à la fois sur l’application et sur les écrans du dispositif

Il est possible de revenir à l’étape précédente en tout temps. Une fois l’installation complétée, l’utilisateur est prêt pour la connexion et l’activité débute dès que les deux partenaires sont connectés.

Tests d’utilisabilité & apprentissages

Afin d’évaluer l’application Bibliolab, nous avons organisé 8 séances de tests d'utilisabilité avec les partenaires du projet. Ceux-ci étaient conviés en duo et placés dans chacun des 2 espaces Bibliolab à la SAT. Munis d’une tablette chargée avec l’application Bibliolab, ils devaient suivre les étapes et instructions afin de mettre en place l’installation et se connecter avec l’autre espace. Nous avons fait le choix de ne pas faire de démonstration préalable afin de limiter les comportements d’imitation qui nous auraient mal informés sur les caractéristiques de l’application.

À l’issue de ces tests, nos apprentissages principaux sont les suivants:

1- Fournir plus d’informations sur l’avancement global

Les tests d’utilisabilité ont permis de mesurer que l’installation se complète en moyenne en 10 minutes. Cependant, l’application dans sa forme actuelle n’offre pas de vue globale sur l’ensemble des éléments à accomplir. Cela est perturbant pour un utilisateur qui ne sait pas combien de temps va lui prendre le processus au complet, ni à quelle étape il est rendu. Nous proposons donc d’aviser l’utilisateur du nombre et de la nature des étapes au moment où il débute l’allumage. De plus, nous allons ajouter de la rétroaction sur les boutons de test et d’installation pour identifier visuellement ceux qui ont déjà été consultés. Tout cela devrait rassurer l’utilisateur sur son avancement.

2- Hiérarchiser les informations

Nous avons remarqué une certaine confusion entre les informations affichées dans l’application et projetées sur le dispositif lui même, ce qui entraîne un va et vient pour l’utilisateur. Afin de clarifier le rôle de chaque outil, nous proposons de renforcer le rôle de l’application en tant que télécommande du dispositif. Ainsi, chaque action de l’utilisateur sur l’application aura un impact sur le dispositif, en affichant des informations directement sur les écrans. Il serait donc possible de visualiser les modes de présentation, de tester les périphériques allumés automatiquement (tel qu’actuellement), et de donner des informations complémentaires sur les éléments à placer manuellement. En affichant les informations uniquement sur les écrans du dispositif l’utilisateur devrait être moins confus quant à savoir où regarder.

3- Clarifier les instructions

Les instructions actuelles sont souvent trop longues, et les utilisateurs ont tendance à les lire en diagonale, ce qui résulte parfois en une mauvaise compréhension et installation. Nous proposons donc de reformuler des textes plus courts dans un style direct et d’ajouter des illustrations pour représenter certains mouvements critiques qui sont souvent source de questionnement (sortir le cylindre central du micro Catchbox, ajuster l’angle de la caméra mobile, placer les chaises). De la même manière nous

perfectionnerons le marquage au sol

pour le rendre plus explicite, dans une esthétique harmonisée avec celle de l’application. Ces informations synthétiques et visuelles devraient être plus facile à suivre pour l’utilisateur.