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[Dossier] Panorama de la création immersive Fulldome

Dans ce dossier, préparé par Mourad Bennacer et Vincent Brault de l’équipe de création de la SAT, on parle de l’évolution des pratiques artistiques en création immersive Fulldome et des possibilités de ce médium hors-normes.

La communauté des planétariums vient de célébrer le centenaire du Model I, premier dispositif de projection pour dôme géodésique présenté le 21 Octobre 1923 au Deutsches Museum, tandis que la Sphere, nouveau jalon dans la technologie du divertissement immersif vient d’ouvrir ses portes à Las Vegas, complétant ainsi une cartographie très vaste de lieux dédiés à la création d’œuvres pour dômes. Autant dire que la création immersive connaît un tournant majeur dans son évolution.

Toutefois, même si ces deux jalons marquent une page sur le plan technologique et sur la démocratisation du dôme comme lieu phare de la représentation audiovisuelle immersive, l’expérimentation artistique n’est pas en reste. Initiée dès la fin des années 50, avec la série de concerts audiovisuels expérimentaux Vortex, organisés par Jordan Belson et Henry Jacobs au Planétarium Morrison de San Francisco, ou encore plus tard en 1969 par le concert de Rainbow Jam … au planétarium de Salt Lake City, une autre trajectoire s’est rapidement dessinée dans cette histoire, celle de l’expérimentation artistique en contexte immersif. Très tôt, le potentiel d’exploration sonore, visuelle, et scénographique a été identifié par plusieurs visionnaires à travers le monde, qui ont su étendre les possibilités du médium à travers différentes pistes de recherche.

La SAT s’inscrit dans cette trajectoire avec la Satmobile, un dôme immersif gonflable présenté lors du 400e anniversaire de la Ville de Québec en 2008, et avec l’inauguration de la Satosphère en 2011, le premier dôme dédié aux arts vivants en Amérique du Nord.

Lire aussi : Nini et la SAT, une rétrospective de la fondatrice Monique Savoie (Propos recueillis par Alain Brunet)

Satmobile, dôme gonflable de la SAT (2008)

 

Dès sa conception, la Satosphère s’est distinguée par ses spécifications hors-normes, qui en font un lieu de prédilection pour croiser exploration audiovisuelle et arts performatifs : un dôme hémisphérique à 210 degrés, non incliné, surplombant un plancher de danse, avec une configuration de salle modulaire pouvant accueillir jusqu’à 750 personnes. Sur le plan technique, le dôme est équipé de 8 vidéoprojecteurs et de multiples haut-parleurs (à ce jour, un système 93.5) répartis sur 4 niveaux de hauteur, offrant ainsi un espace de création adapté pour l’électroacoustique.

Treize ans après son inauguration, le dispositif fait peau neuve, avec notamment une mise à jour notable de son équipement de diffusion. Toutefois, à l’heure où les moteurs de jeu 3D et l’IA redéfinissent les possibilités offertes aux artistes et où les lieux dédiés à l’art immersif font partie intégrante du paysage culturel, il est intéressant de s’interroger sur l’évolution et le futur d’un médium en pleine transformation.

 

/ is //// is ////////// – Myriam Boucher

Immersion audiovisuelle

Fondé sur le principe optique d’anamorphose, exploré notamment par l’artiste-chercheur Luc Courchesne, avec son Panoscope 360 au début des années 2000, le théâtre à écran hémisphérique repose sur la capacité à créer l’illusion d’un environnement extérieur enveloppant le public. Dans la continuité des dispositifs permettant l’illusion d’espace continu, comme les fresques en trompe-l’œil de l’antiquité ou les panoramas du 19e siècle, le spectateur se trouve ainsi placé au centre même de l’œuvre.

Le développement des technologies numériques a conduit à l’émergence de la création immersive fulldome en permettant un assemblage de multiples projecteurs afin de couvrir l’entièreté de l’écran par un format d’image standardisé, nommé “domemaster“. Outre la possibilité de représenter un environnement total autour du public, ce format offre également une certaine flexibilité lorsqu’il s’agit d’adapter des œuvres. En effet, face aux contraintes d’adaptation que l’on peut rencontrer dans d’autres disciplines, telles que la projection architecturale, un contenu sphérique peut facilement s’adapter d’un dôme à l’autre, ainsi que depuis ou vers une variété de formats : une sphère reste une sphère.

La démocratisation des outils de production numérique combinée à la montée en popularité de la réalité virtuelle ont joué un rôle clé dans l’évolution et l’accessibilité au fulldome pour les artistes indépendants. Des logiciels de modélisation 3D en open source comme Blender, l’utilisation croissante de moteurs de jeu dans les créations artistiques, et l’accessibilité de caméras 360 à des prix abordables ont contribué à enrichir la compréhension du médium auprès d’une communauté créative élargie.

 

Panoscope – Luc Courchesne (2006)

Vers un nouveau langage cinématographique

Des artistes issus de différents milieux ont su adapter le médium à leurs disciplines pour en redéfinir les codes, comme l’artiste Sergey Prokofyev qui utilise des méthodes issues de la visualisation architecturale. Lauréat du prix d’excellence de la dernière édition du SAT Fest avec son film Labyrinth (2021), sa conception du fulldome illustre parfaitement l’impact des contributions d’artistes venant de disciplines variées.

Selon lui, “le cinéma immersif est fondamentalement une forme d’art urbain. À l’instar d’une ville, un film ne peut pas être entièrement saisi d’un seul coup d’œil. En plongeant dans les récits visuels, on ne peut pas saisir pleinement l’ensemble ; elle nous échappe continuellement. […] Un film immersif représente un passage incessant de la compréhension spatiale à l’engagement émotionnel. L’expérience urbaine s’étend à travers le temps, liée aux affects de déplacement plutôt qu’à la simple observation. Cette expérience doit être acceptée comme une transition continue de l’interne vers l’externe et vice versa. Nous sommes perpétuellement entre l’extérieur et l’intérieur, dans un glissement continu du cognitif à l’affectif. Cette approche peut ouvrir la voie à une réinvention de l’architecture du futur à travers le prisme du cinéma immersif.”

Adepte d’un usage réfléchi de caméras dynamiques, et une maîtrise exemplaire de la proportionnalité des espaces et des sujets, Prokofyev développe à travers cette approche une forme de narration visuelle utopique et consciente de notre expérience collective des espaces urbains, et extrêmement adaptée au contexte de diffusion en dôme. Son travail s’est d’ailleurs illustré à travers de nombreuses nominations et reconnaissances à travers le monde, tant dans le milieu dôme que dans celui de l’architecture.

Une variété de pratiques artistiques, initialement marginales dans le cinéma fulldome, se sont distinguées par des approches visionnaires et des techniques non conventionnelles. Le travail d’artistes tels que Maarten Isaäk de Heer (SWARM, Dancing with Dead Animals), Lynn Tomlinson (Rêveries de Giverny) ou Frances Adair McKenzie (The Orchid and the Bee) repousse les frontières du cinéma d’animation expérimental en s’appropriant les possibilités de hors-champ et de jeu d’échelles pour créer des environnements parfois surréalistes, maximalistes, mais toujours inédits.

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SAT Fest 2022 - Myriam Ménard
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SAT Fest 2022 - Myriam Ménard

Mouvement, rythme et couleur

S’inscrivant dans une continuité avec des mouvements de la visual music, de l’art vidéo abstrait ou du VJing, une nouvelle génération d’artistes émerge, exploitant le mouvement, le rythme et la couleur. Aux expériences minimalistes et contemplatives d’artistes tels que MNCLR, Weidi Zhang ou Sébastien Labrunie, s’ajoutent les approches hyperkinétiques et éclatantes d’artistes locaux comme Jules Roze, Baron Lanteigne, ou encore Lydia Yakonowsky. Connue dans la scène VJ sous le nom de Kaminska, son premier court immersifIntroduction à l’économétrie’ (2022) a l’audace de proposer une approche colorée et dynamique inédite à son travail de visualisation de modèles économiques et statistiques. Ces approches ont ceci en commun que leur dynamique repose sur une forte corrélation entre les aspects visuels et sonores.

En ce sens, les dômes constituent un espace de prédilection pour l’expérimentation sonore, invitant les artistes à explorer les multiples possibilités des systèmes multicanaux en 360 degrés. Avec son nouveau système sonore de 93.4 canaux, la Satosphère offre de nouveaux défis que peu d’artistes ont jusqu’à présent eu l’opportunité d’explorer. 

La démocratisation des outils de spatialisation sonore a également encouragé une multitude d’artistes à mettre en pratique de nouvelles approches du son en rapport avec l’espace, comme en témoigne l’artiste France Jobin dans une entrevue au sujet de l’adaptation dôme de son projet ‘Entanglement’, créé en collaboration avec l’artiste visuel Markus Heckmann et présentée en première mondiale en Août dernier pour MUTEK 2023  : Dans les installations et les concerts, par exemple, je positionne les haut-parleurs de manière spécifique pour répondre à l’architecture, créant ainsi une sculpture sonore sans qu’il s’agisse d’un objet absolu […] mais plutôt [d’un objet] auditivement mutable en fonction de l’endroit où l’on se trouve dans l’espace.”

 

France Jobin et Markus Heckmann – Entanglement (2023)

Corporalité

La notion de corporalité (embodiment), fondamentale à l’art immersif, trouve dans le dôme un dispositif idéal, offrant un environnement unique pour des expériences engageantes pour le public et les arts vivants. TOT [Territoire Ouverts – Open Territories], programme de recherche et d’expérimentation artistique mené entre 2003 et 2009 et clôturé par l’installation publique 4D-mix3 présageait déjà ces enjeux majeurs qui définissent le secteur aujourd’hui. Au sein d’un même espace étaient intégrés une détection de mouvements, un dispositif de projection vidéo volumétrique et un système sonore multicanal, offrant ainsi au public un environnement unifié. Au cœur de l’expérience, le corps humain comme élément à la fois interactif et perturbateur.

Depuis, plusieurs courants novateurs de l’art contemporain, comme la performance, le théâtre et la danse, mettant en avant le corps de l’artiste ou du public comme principal vecteur d’expression, tout comme l’art de l’installation, le Light Art ou le Land Art ont joué un rôle prépondérant dans l’exploration de l’art immersif en explorant le rapport dynamique entre corps et espace.

Les technologies introduites par l’art des nouveaux médias jouent également un rôle essentiel dans l’évolution de l’art immersif, ouvrant la voie à des expériences interactives et multi sensorielles. En permettant une interaction en temps réel entre le corps et l’espace, elles ont ouvert de nouvelles perspectives pour l’engagement corporel et la créativité interactive dans des cadres immersifs tels que les dômes.

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BEATS (MUTEK 2021) Photo: Myriam Ménard

Art chorégraphique et jeux d’interaction

L’essor et l’engagement d’une communauté active d’artistes développeurs, ont permis d’innover en intégrant des dispositifs d’interaction tels que la Kinect de Microsoft, les téléphones intelligents, ou les capteurs permettant la captation de mouvement de groupe. Ces technologies ont permis de concevoir l’espace et l’environnement comme des extensions du corps, permettant une exploration artistique centrée sur l’hyper-réactivité et la synchronicité. Cette démarche requiert un développement technique de précision.

Ce souci du détail se retrouve dans le travail d’artistes tels que Chikashi Miyama (JP/DE), que nous avons reçu en résidence en 2018. Dans sa performance Trajectories’, l’artiste utilisait des gants de détection pour contrôler en temps réel un système de particules, grâce à un processus détectant de l’angle et la direction absolue de ses mains en temps réel, dessinant différentes trajectoires audiovisuelles dans l’espace immersif. Ce système, entièrement conçu par l’artiste, est mis en valeur par la simplicité du contenu audiovisuel noir et blanc, mettant une emphase claire sur le mouvement et la vélocité de sa performance. 

Toutefois, cette approche peut prendre une toute autre dimension lorsque l’espace audiovisuel devient un élément de représentation et accompagne une volonté de mise en scène à la troisième personne. En 2018, le projet ‘Disorder’ des artistes François Moncarey, Kevin Ramseier et Thomas Köppel (CH) excellait déjà à la maîtrise de ces nouveaux codes de narration visuelle, mettant en scène un danseur au centre du dôme, avec pour toile de fond un environnement de science fiction composé de scans 3D et animé en temps réel par ses mouvements. Le collectif montréalais susy.technology a su par la suite compléter ces codes avecAntilogy’ (2022) en mettant en scène la chorégraphe et danseuse Paige Culley ainsi que les artistes du collectifs, à la fois acteurs et témoins de la réalité alternative de leur création audiovisuelle aux côtés du public.

L’hybridation avec les codes du jeu vidéo était également l’objet du projet UNION: Play the memory game, présenté pour la première fois dans la Satosphère à l’occasion de MUTEK 2023. On y retrouve les artistes Nancy Lee et Kiran Bhumber (CA), dans le rôle de deux protagonistes, découvrant leurs souvenirs ancestraux à travers le désir de toucher et les rituels pratiqués lors d’une cérémonie de mariage post-apocalyptique (lire leur entrevue).

 

Antilogy — susy.technology – Photo: Myriam Ménard (2022)

De l’art interactif à l’art participatif

La chorégraphie n’est pas la seule manière d’explorer la notion de corporalité en environnement immersif, et nous voyons émerger de nouvelles intersections entre art installatif, interaction, et immersion sous dôme. Là encore, on peut attribuer cette tendance à des évolutions technologiques majeures : la diversification des dispositifs de captation individuels, une utilisation créative des possibilités offertes par les téléphones intelligents, ainsi que le développement d’outils de captation de mouvement de groupe. Sans que cette tendance se réduise aux technologies, les nouvelles intersections ont été rendues possibles surtout par la vitalité de la communauté de l’artisanat numérique et du développement logiciel.

Les dômes offrent une approche inédite, et permettent d’explorer de nouvelles formes de narration participative, dans une environnement audiovisuel collectif. Adoptant un format de présentation que l’on retrouve habituellement dans des expositions d’art médiatique, des projets tels que ‘ENN’ de Maria Takeuchi (US/JP), présenté durant la Nuit Blanche 2022 dans la Satosphère, ouvrent la voie vers une nouvelle conception de l’expérience immersive sous dôme. Cette installation empreinte d’existentialisme permet au public soit d’explorer librement le potentiel d’interactivité, prenant ainsi part à une forme de co-narration, soit d’apprécier l’œuvre pour son caractère contemplatif. L’expérience se répète de façon cyclique, symbolisant la renaissance de l’existence, offrant un point de vue transitoire entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. 

Le dôme permet ainsi d’explorer la corporalité par la performance physique et la présence, avec pour seule limite la capacité offerte par ce type d’infrastructures. Que se passe-t-il lorsque l’on étend le potentiel de coopération et d’interconnection entre plusieurs salles immersives? Est-ce déjà une réalité?

 

ENN – Maria Takeuchi (2023)

Un tournant dans l’histoire des dômes?

Il est encore difficile de définir les formes d’art présentées dans ce dossier autrement que par leur dispositif de diffusion : le dôme. De même, le terme “film de dôme” reste un consensus acceptable pour définir un médium qui pourtant ne partage plus grand chose avec la pellicule. Notre langage saura-t-il un jour combler ce manque ? Dans tous les cas, nous nous trouvons actuellement à une intersection qu’il pourrait être pertinent d’analyser dans un futur proche. D’une part, il s’agit d’un art immersif né d’une convergence progressive entre différentes pratiques, qui n’est pas sans rappeler la façon dont le théâtre, la photographie et la composition musicale ont su dessiner les contours de ce qui deviendrait l’art cinématographique. D’autre part, l’émergence d’espaces de diffusion d’envergure laisse présager une série de développements technologiques majeurs pour l’industrie du spectacle et l’avènement de nouvelles formes de création et de divertissement, comme celà a pu être le cas lors de l’apparition du son au cinéma, des drive-in, de la 3D, des standards IMAX et Dolby, ou des multiplexes. Sommes-nous en train de vivre une transition similaire? 

Actuellement, plus de 4000 dômes sont enregistrés dans la FDDB (Fulldome Database), incluant les planétariums. S’il est une prédiction à notre portée, c’est peut être celle-ci : peu de dômes auront vocation à devenir des aréna et conserveront une capacité maximale de quelques dizaines d’individus. À la place, ces lieux continueront à offrir le potentiel d’une expérience plurielle, tant par la diversité des modes de création que par une conscience accrue de la multiplicité des points de vue au sein d’un public. Au centre de cette vision, il y a une volonté d’alimenter des imaginaires collectifs à travers une approche communautaire, en prise avec les réalités individuelles de chacun. 

Depuis 2020, nous avons pu constater une vitalité artistique remarquable du secteur, tant sur le plan local que régional. Ainsi, un programme novateur de résidence XR destiné aux artistes autochtones, porté par Wapikoni Mobile, a vu le jour en 2021 tandis que le Planétarium de Montréal a lancé en coopération avec le CAM son premier programme de résidence artistique sous dôme en 2022. Cette dynamique s’est poursuivie avec plusieurs actions du collectif World Creation Studio dont le projet CO-CREATE, axé sur les artistes émergents, avec le soutien de la SAT par le biais de mentorat. Ces initiatives viennent compléter un paysage déjà représentatif d’une certaine expertise du domaine, incarnée notamment par les dômes mobiles et outils de VJing immersif de NEST Immersion, Hubblo, distributeurs d’œuvres pour dômes à l’échelle internationale, pour n’en citer que quelques-uns.

Cartographie des dômes

Une dynamique similaire semble également s’opérer à l’étranger, présageant d’une avancée significative pour le médium. Plusieurs artistes de notre communauté ont eu l’opportunité de présenter leurs travaux à de nouveaux publics à l’international. Des diffusions à l’étranger de ‘Biliminal’ (Collectif Sans Perte) et ‘TRIAL’ (CLAUDE x Shin Hyejin) au Melbourne International Film Festival à celle d’ASTRO (Weidi Zhang) à MUTEK Mexico, en passant par une série de présentations à guichets fermés au Zeiss Planetarium de Berlin de la performance dôme ‘Entanglement’ (France Jobin & Markus Heckmann) ainsi que des films ‘Metaract’ (Manami Sakamoto & Yuri Urano) et ‘Iwakura’ (Ali M. Demirel, Kazuya Nagaya et Maurice Jones), témoignent d’un intérêt croissant des planétariums pour confronter leurs publics à des programmations artistiques. Cette tendance se vérifie notamment par conception de projets d’ampleur tels que ‘One Sky’, collaboration internationale entre 6 pays ou Space Explorers, tournée dans la station ISS, créations destinées à des planétariums néanmoins audacieuses dans leur direction artistique. Notons également la création en 2021 de Best of Earth, une coopération internationale de festivals dédiés à la promotion de la créativité sous dôme, que nous avons rejoint en 2022.

En France, plusieurs institutions soutiennent activement la création immersive. Parmi elles, la Cité des Sciences de Paris, dont le planétarium récemment rénové accueillera la seconde édition de son festival Sous dôme du 22 au 24 Mars prochain, en collaboration avec Jérémy Oury et l’association 36°. Basée à Lyon, l’AADN organise quant à elle des ateliers de co-création réguliers au Planétarium de Vaulx-en-Velin, les Labos Immersifs. Axés sur les arts performatifs, ces ateliers contribuent significativement à l’exploration du dôme comme espace scénique, à travers une approche pluridisciplinaire du médium. 

De nouveaux lieux de diffusion également au Royaume Uni. Le dôme du Market Hall de Plymouth, conçu sur un modèle similaire à celui de la Satosphère, explore à travers sa programmation de nouveaux territoires et propose des œuvres artistiques adaptées à des publics avec des troubles du traitement sensoriel. Fondé à Cardiff (Pays de Galles) par un collectif d’artistes issu du documentaire immersif et de la production de performances CULTVRLAB est un lieu équipé d’un dôme de 12m de largeur, devenu pour la seconde année consécutive le quartier général du festival Fulldome UK. Références du film dôme depuis 2010, ce festival a néanmoins relevé le défi d’inviter en 2023 les artistes montréalais Allison Moore, Arthur Desmarteaux et Lucy Fandel à adapter et présenter leur performance chorégraphique ‘CLOUD BODIES’, accueillie en résidence à la SAT de 2021 à 2022. 

Cloud Bodies – Allison Moore  (2022) Photo:Myriam Ménard

 

Un autre lieu notable est le C-Lab, espace incontournable des arts numériques à Taipei (Taiwan) et maison mère du festival Future Vision Lab. Doté de deux dômes au design unique, le C-Lab accorde une place prépondérante à l’expérimentation artistique et aux artistes issus de la scène locale. Ce lieu figure également parmi les précurseurs de la téléprésence immersive, axe de développement visant à connecter simultanément entre plusieurs lieux immersifs à distance. 

Face à des enjeux écologiques qui nous poussent à mettre en œuvre des solutions responsables, ce dernier point rejoint une vision, autrefois utopique, portée par plusieurs pionniers du format fulldome au cours des dernières décennies, à savoir, la possibilité de connecter des lieux immersifs.  Aux dômes permanents que nous connaissons s’ajoutent naturellement les dômes mobiles, prisés pour leur autonomie et leur portabilité et qui offrent de nouvelles alternatives de co-création, d’échange et de transmission de savoirs et ce quelle que soit leur localisation.

 


Dossier: Mourad Bennacer et Vincent Brault

Merci aux artistes et partenaires qui ont collaboré sur les projets.

De nombreux projets mentionnés ont bénéficié du support financier du Ministère de la culture et des communications du Québec

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