Dans un dialogue permanent avec les artistes et créateur·ices et en s’appuyant sur les méthodologies de la recherche-création, nous développons une boîte à outils technologique évolutive, ouverte, accessible et interopérable pour la création d’expériences collectives en arts technologiques.
Le centre de recherche veut également agir en tant que hub d’innovation ouverte, en contribuant à structurer l’écosystème de la création numérique à travers des initiatives fédératrices maillant les communautés artistique et académique et des industries créatives et culturelles, dans l’esprit d’un laboratoire vivant.
Sa démarche se déploie au long d’un continuum allant de l’exploration au transfert de technologies et de connaissance, à travers plusieurs étapes : exploration, validation, maturation, transfert.

Le centre de recherche de la SAT développe plusieurs thématiques de recherche, dans le cadre de sa mission d’accompagnement de l’expérimentation en création d’expériences collectives, et de sa vision d’un développement de technologies ouvertes, interopérables et accessibles.
Orientée vers la création d’expériences collectives, chacune de ces thématiques adresse un ou plusieurs des axes de recherche du centre : immersion intersensorielle, co-création et interaction collective.
Autour de ces thématiques, notre laboratoire met en œuvre des projets, réalisés en partenariat avec des acteur·ice·s de l’écosystème de la création numérique, en impliquant artistes, chercheur·e·s, laboratoires académiques et studio créatifs. Les modalités de ces collaborations sont réinventées de manière spécifique pour chacun des projets, afin de rester au plus proches des intérêts des milieux de pratique et des partenaires de recherche.

La SAT est réputée pour son rôle pionnier dans l’immersion collective audiovisuelle, notamment grâce à son dôme à 360°, la Satosphère. Afin de repousser encore plus loin les frontières de l’immersion collective, le centre de recherche explore depuis plusieurs années différentes technologies et usages visant à étendre l’immersion à d’autres sens que la vue et l’ouïe, tout en la rendant plus incarnée, en impliquant le corps et l’espace. À cette fin, plusieurs initiatives de recherche sont menées en parallèle :
Si l’interactivité est désormais au cœur de notre expérience quotidienne du monde, elle se cantonne souvent à l’interaction entre une personne et un système informatique. Au sein du centre de recherche de la SAT et dans le cadre de notre intérêt pour les expériences collectives, nous explorons divers aspects de l’interaction collective. L’objectif est de créer des expériences où des groupes de personnes peuvent interagir collectivement avec un système ou un environnement réactif, voire interagir entre elles selon de nouvelles modalités.
D’un point de vue technique, nous explorons diverses modalités de captation gestuelle, notamment les systèmes de vision par ordinateur basés sur la captation sans contact ni marqueurs : caméras volumétriques, détection de squelettes par des modèles d’IA, LIDAR, etc. Nous travaillons également sur des stratégies de fusion de données pour agréger ces différentes techniques et modalités (ainsi que d’autres, comme les capteurs embarqués), afin de nous adapter à une diversité de situations créatives et de contraintes de production artistique.
Dès sa fondation, la SAT s’est intéressée à l’usage des technologies de télécommunications pour créer des expériences collectives à distance : cette préoccupation a mené au développement de la solution de téléprésence Scenic, désormais implantée dans 24 lieux culturels au Québec et poursuivant son développement au Canada et à l’international. Au-delà de la création de spectacles de téléprésence, le centre de recherche explore également les opportunités offertes par ces technologies pour favoriser une collaboration à distance, d’une manière plus conviviale et humaine. En effet, depuis la pandémie, il est devenu courant de collaborer à distance grâce aux technologies de visioconférence. Cependant, cette collaboration se fait généralement à travers des écrans. Nous souhaitons donc mettre à profit notre expérience de la téléprésence, et en particulier de ses aspects scénographiques, pour optimiser les dimensions spatiales et incarnées de la cocréation à distance.
Par ailleurs, de plus en plus de démarches artistiques intègrent l’IA dans la création numérique, en particulier les procédés génératifs basés sur les algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning). Ces procédés s’intègrent dans des processus créatifs, ainsi que dans la réflexion et la prise de décision qui les sous-tendent, impliquant une forme de cocréation entre humains et machines. Dans cette perspective, nous cherchons à interroger les besoins spécifiques de la création numérique contemporaine auxquels l’IA pourrait répondre, afin de faire émerger de nouvelles trajectoires de recherche et de développement et contribuer à structurer l’émergence et le développement de communs de l’IA pour la création numérique.

Immersion sonore
La thématique Scénophonie, axée sur la question de l’immersion sonore, vise à développer un ensemble de solutions méthodologiquement flexibles et techniquement modulaires, portables et robustes, répondant notamment aux défis d’installations immersives à interaction collective, en complément des outils et solutions industrielles existants, comme le surround au cinéma ou pour la musique. Les travaux de recherche et développement proposés par la SAT visent à enrichir les outils déjà disponibles pour la spatialisation sonore afin de permettre une exploration scénophonique des espaces physiques et virtuels, en complément des recherches qui permettent la manipulation de son (spatialisation sonore) dans des systèmes de spatialisation hétérogène. Ces travaux se baseront sur les orientations technologiques, pratiques et théoriques présentées dans notre dossier sur l’immersion sonore.

Immersion intersensorielle
La thématique IoT intermedia vise à créer une boîte à outils destinée aux créateur·ices numériques. Cette boîte à outils facilite l’exploration artistique et le déploiement d’expériences immersives en intégrant des systèmes embarqués, interopérables et transférables d’un cas d’usage à un autre. La boîte à outils facilite l’interconnexion de divers capteurs et actionneurs, tout en permettant d’extraire des données pertinentes pour orchestrer efficacement les éléments physiques et numériques dans des environnements spatialisés. Conçue pour être autonome et prête à l’emploi, cette solution rend ces technologies accessibles et utilisables dans des contextes réels.

Interactivité collective
La thématique Interaction Collective a pour objectif de rendre plus accessible la création d’expériences d’interaction collectives innovantes. L’interaction collective couvre toute forme d’interaction gestuelle entre humains dans le monde physique. Le principal intérêt de la recherche se situe autour de la manière dont les comportements entre groupes de personnes peuvent avoir une application dans le cadre d’une expérience numérique. Par exemple, des danseurs contemporains évoluant dans une chorégraphie soignée, ou bien le public d’un musée découvrant une installation interactive basée sur la capture de leurs mouvements.

Téléprésence
Scenic permet de connecter des lieux en temps réel pour des événements comme des spectacles, des conférences et des ateliers collaboratifs, offrant une expérience immersive unique. Le projet de cocréation à distance vise à étendre les scénarios d’utilisation de notre solution de téléprésence immersive Scenic : la connexion durable de milieux d’affaires et de réseautage via la création de portails de téléprésence à courte et longue durée. L’objet du projet est de concrétiser des scénographies immersives transformant la collaboration entre des studios créatifs distribués sur le territoire en appliquant toutes les bonnes pratiques en téléprésence immersive.

Téléprésence
La thématique Hybridation des espaces vise à explorer les technologies afin de transcender les limites du monde physique en connectant des performances in situ, d’inventer des modes de diffusion artistique plus durables et de favoriser la connexion entre des publics distants.
Réalisé en collaboration avec Moment Factory et financé par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), un premier projet de recherche d’une durée d’un an a permis d’explorer, les possibilités offertes par les espaces connectés et d’enrichir les expériences augmentées multisites à travers des usages concrets avec des artistes.
Le projet a culminé par la présentation publique de deux prototypes de performances hybrides – entre deux lieux – dans le cadre du MUTEK Forum 2024. Le premier prototype visait à renforcer la connexion émotionnelle entre un performeur et son public distant. Le second avait pour objectif de développer un dispositif facilitant la performance collaborative en réduisant les contraintes techniques des performances à distance, notamment la latence.

Intelligence artificielle
Le lab de recherche et d’innovation de la SAT initie une démarche de questionnement des pratiques et imaginaires de l’IA créative, en coordonnant un volet dédié à cette question au sein du projet ArtIA. Financé par le ministère de la Culture et de la Communication du Québec, et mené en partenariat avec Sporobole, Projet Collectif et le Metacreation lab, ce projet vise à préfigurer le développement d’une plateforme de communs d’IA pour la création numérique s’appuyant sur une boîte à outils ouverte.
Cette collaboration fait converger nos approches à travers une démarche participative expérimentale et itérative de type « laboratoire vivant » et autour d’une thématique commune qui vise à alimenter la créativité numérique, soutenir la communauté artistique et démocratiser des outils pertinents et ouverts. Afin de mener à bien ce projet, nous mobilisons de nombreux partenaires issus des milieux culturels, privés (studios créatifs et autres) et scientifiques (ingénierie, sciences-humaines et sociales et recherche-création).
L’objectif du premier volet de ce projet, d’une durée d’un an, est de mener une consultation auprès de ces acteurs, institutions, universitaires ou artistes, afin d’identifier au mieux les besoins de nos écosystèmes, pour ensuite pouvoir élaborer une initiative coordonnée de développement de solutions durables, éthiques et orientées prioritairement vers les intérêts des artistes.
Dans un souci de mieux partager ses activités, le centre de recherche public de la SAT s'efforce de publier régulièrement des communications sous différentes formes, adaptées à divers publics. Ainsi, l’équipe de recherche peut être amenée à intervenir dans des colloques ou salons professionnels tout au long de l’année, et à y publier des articles spécialisés, rassemblés ci-dessous. Elle s’efforce également de rendre ses orientations et résultats de recherche accessibles en les publiant dans un format destiné aux communautés de pratique artistiques et aux industries créatives et culturelles, sous la forme de divers dossiers disponibles ci-dessous.









L’ensemble de nos publications peut être consultée au format BibTex.



Notre approche d’accompagnement s’appuie sur des cycles de recherche et d’expérimentation réunissant les utilisateur·rice·s finaux·ale·s, des artistes, des chercheur·euse·s et notre équipe techno-créative. Notre objectif est de faciliter la démarche de cocréation tout en vous aidant à développer un concept et un prototype qui répondent aux besoins de vos utilisateur·rice·s et aux particularités de votre milieu de déploiement.
Nous mettons en place des bancs d’essai permettant de tester des concepts et des expériences en conditions réelles, avec des groupes de testeur·euse·s. Les bancs d’essai permettent d’évaluer un concept ou un prototype sous l’angle des usages, de la faisabilité technique et des enjeux d’accessibilité. Notre équipe développe des protocoles de tests, déploie l’environnement technique et coordonne la tenue des tests.

Mandat
Mandaté par MUTEK Montréal, notre Laboratoire vivant en immersion a réalisé un accompagnement en facilitation et en prototypage pour le Lab des écologies de l’IA (AI Ecologies Lab), un programme de résidences accompagnant six projets dans le développement d’outils d’IA durables, éthiques et adaptés au secteur culturel.
Le projet
Une démarche de Design Thinking a été mise en place afin de soutenir le processus créatif des participant·e·s et structurer le développement de leurs projets.
Chaque équipe a bénéficié d’un accompagnement complet comprenant des ateliers pour préciser la problématique à adresser et le public cible, un mentorat technique, un appui à la conception d’un prototype minimum viable, ainsi qu’un soutien au prototypage, notamment lors d’un hackathon intensif de trois jours.
Résultats
Les prototypes ont été présentés et testés par les participant·e·s du MUTEK Forum 2025 à Montréal. Plusieurs initiatives se poursuivent aujourd’hui: par exemple, les conférences universitaires de Kelly Andres sur l’intelligence écologique et les principes d’IA durable issus de son expérience, ainsi que la présentation à l’international de l’expérience TamagotchU d’Eyez Li.

Mandat
La compagnie de danse Emmanuel Jouthe | Danse Carpe Diem, la la Maison des jeunes Accès-Cible Jeunesse Rosemont, le Centre de recherche Artenso et l’équipe du Laboratoire vivant en immersion ont imaginé une expérience immersive destinée aux jeunes de 12 à 17 ans qui visait à réfléchir à l’hyperconnexion numérique à travers le mouvement et les arts.
Le projet
Ancrée dans une approche de cocréation, la démarche a d’abord permis de comprendre les besoins des adolescent·e·s, à travers des rencontres avec les jeunes et des entrevues auprès des intervenant·e·s, afin de cibler un enjeu prioritaire. L’équipe a ensuite conçu un concept et un storyboard, développé un prototype d’expérience immersive et interactive ainsi qu’une activité de médiation, puis testé l’ensemble avec les jeunes à la Maison des jeunes.
Résultats
Une activité de groupe durant laquelle les jeunes doivent dessiner, avec leurs corps, une fresque collective grâce à un prototype d’expérience mobilisant de la détection de mouvements et de l’IA générative.
L’équipe du département d’innovation regroupe diverses expertises, réparties selon plusieurs rôles :
Le fonctionnement du département vise à être aussi transversal que possible, en intégrant au moins un membre de chaque profil dans chaque projet et en favorisant, dans la mesure du possible, les rétroactions entre leurs différentes expertises et compétences.
Véronique Paradis– Directrice de l’innovation et de la formation
Edu Meneses – Directeur de la recherche
Jean-Michaël Celerier– Directeur du développement technologique
Alexandra Marin– Gestionnaire du laboratoire vivant
Irène Le Moine – Chargée des opérations d’innovation
Marek Blottière – Chargé de projets de recherche et développement
Rachel Germain – Chargée de projet / Facilitatrice
Carolina Moggia Aguillaume – Chargée de projet
Lou Evoy– Coordonnateur technique
Manuel Bolduc – Chercheur-développeur
David Ledoux– Chercheur-intégrateur en immersion sonore et scénophonie
Zachary L’Heureux – Intégrateur multimédia
Charles Bicari – Intégrateur-développeur
Olivier Gauthier – Développeur réseau et solutions dorsales
Guillaume Riou – Développeur C++/Python/JS
Sarah Al Mamoun – Développeuse UI / UX multimédia

